Avant de pratiquer le massage, je n’aimais pas qu’on me touche.

Les quelques fois où j’avais eu la chance d’aller dans un institut de massage ou dans un spa, il était impossible pour moi de me détendre complétement. Je n’arrivais pas à lâcher prise. C’est vrai que je pensais à ce que je devais faire après ou à ce que je n’avais pas fait avant (ça arrive toujours of course) mais surtout, je n’arrivais pas à ne pas intellectualiser les mains sur moi, les gestes, les manœuvres.
Pourquoi ? Qu’est-ce que ça disait de moi ?
Le fait de ne pas être à l’aise mon corps ? Probablement !
Le fait que je me considérais comme pas « assez bien » physiquement (pas assez bien épilée, trop ronde, pas assez bronzée, …) pour mériter le massage ? Surement !
La perception que se laisser toucher – au sens figuré - était aussi un signe de vulnérabilité ? Et que la vulnérabilité c’était de la faiblesse ? Tout à fait !
Mais alors, qu’est-ce qui a changé ?
Ma formation 200h de Yoga a été exigeante, pour le corps mais aussi pour le mental ; alors le soir, avant le couvre-feu, nous avons commencé à se maser avec mes camarades (que je pourrais aussi appeler alliées, soutiens, amies, …)
Des corps différents, des histoires différentes, des blocages et des blessures différentes, des « imperfections » différentes, de la vulnérabilité oui, parfois des larmes aussi.
Mais faibles, jamais !
Alors progressivement, en percevant ce que le toucher et le massage pouvait procurer, pouvait supporter, accompagner, aider, … Il m’a semblé que le massage était un outil parfaitement complémentaire au yoga.
Une autre manière d’être dans le moment présent, dans l’acceptation de ce qui est.
Une façon différente d’accompagner les gens à développer leur conscience corporelle et à ETRE vraiment.
Un sens vital.
Et bien sûr je suis loin d’être la seule dans ce cas !
Le toucher n’est pas toujours évident et ça me semble normal. Il dépend de la personne, du contexte, de la relation et du sentiment de sécurité. Un contact n’est pas automatiquement agréable parce qu’il est bien intentionné.
Nous sommes hyper-connectés mais à des appareils sans chaleur (la surchauffe du pc sur les genoux ça compte pas ! 😉) et sans humanité.
De plus en plus distants, de plus en plus sur nos gardes, nous nous coupons progressivement d’un de nos 5 sens vital.
Parce que oui ! Le toucher est un sens comme l’odorat, le gout, la vue ou l’ouïe et clairement on préfère, de loin, ne pas se couper de ces sens-là. Le toucher fait partie des sens qui se développent très tôt (on a tous entendu parler des bienfaits du peau à peau avec un nourrisson) mais c’est aussi le seul dont on essaie volontairement de se couper en grandissant.
On le sexualise, on le rend dangereux, sales, dérangeant, inapproprié, intrusif, …
Et c’est vrai, parfois, ça peut l’être. Mais ça n’est pas que ça, et pas de manière systématique (fort heureusement !!!)
Le toucher n’est pas seulement une sensation : il participe à notre manière d’habiter notre corps et d’entrer en relation avec les autres et avec notre environnement.
Avant même de comprendre les mots, nous apprenons le monde par la peau. Peut-être est-ce pour cela que le toucher peut parfois nous rejoindre là où le mental ne suffit plus ?
Parfois un câlin a plus d’effet que des mots réconfortant.
Parfois une main dans le dos accompagne plus que des conseils.
Parfois un contact d’épaule apaise le stress mieux que du Rescue.

Le manque de toucher, ça existe pour de vrai.
L’expression "faim de peau" (aussi appelée privation de toucher ou manque de toucher social) décrit le désir ou le manque de contacts physiques réconfortants : une étreinte, une main tenue, une caresse ou une main posée sur l’épaule.
Ce n’est pas un diagnostic médical, et il n’existe pas de quantité universelle de toucher dont tout le monde aurait besoin. Mais le simple fait qu’une telle expression existe montre l’impact que cela peut avoir émotionnellement, psychologiquement parfois même physiquement.
Evidemment le massage n’est pas un remplacement des liens affectifs. Ça n’est ni son but ni son intention. Il peut cependant aider à se reconnecter au corps, à remettre du lien.
Je me rappelle en 2023, une dame d’un certain âge m’avait dit après un massage :
« Merci, je me suis sentie pétrie et j’ai adoré ! J’ai eu l’impression de redécouvrir mon corps »
et j’avais trouvé ça trop chouette, d’avoir pu faire ça : contribuer, même pour un court moment, au fait que cette dame se reconnecte à elle-même.
Pourquoi le massage aide à faire la paix avec le toucher ?
Dans le massage, le toucher est annoncé, expliqué et ajusté : la personne sait où, comment et pendant combien de temps elle sera sur la table. Le consentement et la possibilité de modifier ou d’interrompre la séance sont accessibles à tout moment. Ce cadre peut rendre l’expérience plus prévisible et rassurante.
Un massage est un toucher professionnel, expliqué et ajusté,, sans apriori et sans affecte et il vient avec une intention : un soutien à la fertilité, une douleur musculaire, un besoin de drainage, la recherche d’un mieux-être énergétique, physique ou mental, un souhait esthétique, le besoin de faire une pause, …
Les techniques et manœuvres qui sont alors utilisés viendront tenter de répondre au mieux à ce qui est recherché tout en respectant les limites et les besoins de la personne.
Mon rapport au toucher n’a pas changé du jour au lendemain. Mais j’ai peu à peu découvert qu’il pouvait être différent lorsqu’il était annoncé, choisi et respectueux de mes limites.
J’ai aussi expérimenté dans mon corps les bénéfices qu’on peut en retirer : baisse du stress, réduction des douleurs musculaires et des tensions chroniques, régulation du cycle, amélioration de la circulation, … et bien sûr réappropriation et connexion au corps (j’en oublie c’est sûr !)

Le massage. C’est pour toi ?
Bien sûr, le massage n’a pas à convenir à tout le monde et il est important de choisir le.la praticien.ne avec soin et de sentir un climat de confiance.
Bien sûr, le massage ne résoudra pas tous tes problèmes.
Bien sûr, il ne remplace en aucun cas un médecin, un ostéo, un kiné ou un psy.
Mais il peut être un soutien, un accompagnement complémentaire, une aide, une manière de venir supporter le corps, de l’habiter pleinement, de le soulager de certains maux, de souffler, de prendre le temps, de s’apaiser, …
Et finalement , c’est déjà beaucoup !




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